Comment l’architecture du micro-apprentissage numérique renforce-t-elle la durée de l’acquis dans la mémoire de l’apprenant?

benoit savard

Contexte

Le temps. Ce petit mot de cinq lettres fascinera toujours l’être humain, même lorsqu’on le restreint à sa définition la plus simple, celle qui s’exprime par sa durée. Oublions le temps des philosophes et des poètes pour nous attarder au temps concret. Au début des années quatre-vingt-dix, pour la première fois, les astronomes du monde entier convenaient du Temps Terrestre, une mesure qui allait désormais établir toutes les durées,   de la nanoseconde au millénaire, à partir de l’infiniment petit, une oscillation de protons autour d’un atome de césium.

Après s’être emparé de la nature, l’homme venait ainsi de capturer le temps et de l’enfermer dans une durée exacte. Mais pour en faire quoi? Toute intéressante qu’elle soit au plan astronomique, la découverte du Temps terreste dit objectif n’a eu que peu d’effets sur les comportements. Tout s’est joué du côté de la vitesse. Si une heure dure toujours exactement soixante minutes, l’activité humaine la découpe en segments de plus en plus nombreux depuis deux décennies. Vite, il faut se lever, courir à la garderie, se faufiler dans les bouchons de circulation, travailler, revenir à la maison et tenter de décompresser en se plongeant souvent dans un divertissement trivial avant de tomber au lit. Sur la planète numérique, tout tourne autour d’une finance dématérialisée fondée sur un goût insatiable pour le profit qui représente pour chaque personne une pression constante pour tenir à jour ses connaissances au risque d’être mise de côté.

« Mais le merveilleux chez l’humain, c’est sa capacité d’adaptation et d’apprentissage.»

Durée, répétition et mémoire

Voyons quelques observations intéressantes du neurologue Eric Jehnsen, auteur de Teaching with the brain in mind:

La première chose à comprendre, c’est que notre cerveau a un potentiel énorme pour l’apprentissage. Si un singe possède 10 milliards de neurones, de quoi nous impressionner,   nous les descendants de leurs ancêtres, en avons tout de même 100 milliards à exploiter.   Même le vieillissement ne nous pénalise donc pas énormément si on continue à se nourrir de nouvelles connaissances puisque même en perdant entre cent et cinq cent mille neurones par jour en prenant de l’âge, notre réserve est suffisante pour plusieurs centaines d’années. Malheureusement, l’efficacité de notre cerveau est aussi dépendante de notre génétique selon les découvertes de deux récipiendaires du Prix Nobel (Tonegawa et Kandel)

 Si la mémoire demeure un peu mystérieuse pour les chercheurs, Jehnsen explique que son renforcement vient notamment de la répétition, puisque la voie neuronale empruntée se familiarise avec ce contenu. Il est plus facile de le retrouver et de le réutiliser.

Autre chose importante pour comprendre l’efficacité du micro-apprentissage, c’est le fait que la rétention du contenu sera accrue si l’intervenant donne du temps d’assimilation à l’apprenant. Dans son cerveau, les synapses peuvent alors consolider une jonction entre des neurones qui portent le contenu transmis. La consolidation dans le cerveau de la première matière transmise sera mise à risque si les enseignements s’enchaînent les uns aux autres dans de longues sessions.

Micro-apprentissage

On retient donc que si l’on fractionne les contenus pour les offrir en courte durée, on augmente la qualité et l’assimilation de l’apprentissage.

Voyons maintenant les deux éléments dont l’on tient compte chez SMA transformation en intervention auprès d’un groupe au sein d’une organisation ou d’une entreprise.

L’écosystème de l’apprentissage : Analyser tous les facteurs directs et indirects du milieu ciblé pour l’apprentissage pour comprendre les conditions dans lesquelles l’application des acquis se fera. Cette phase permettra d’alimenter l’équipe qui fera le découpage des contenus et qui créera l’outil numérique adapté pour le transfert du savoir.

La personnalisation:   Le ou les interventions s’amorcent à partir du moment ou chaque membre du groupe ciblé a précisé là où il se situe par rapport aux apprentissages qui seront transmis. Chacun doit y trouver un intérêt spécifique qui lui servira non seulement au travail mais en d’autres circonstances. C’est ainsi que nous nous assurons du renforcement de l’engagement des participants.

Ces deux étapes franchies, les interventions se peaufineront en demeurant perméables aux ajouts ou modifications souhaités avant la session. En personnalisant l’apprentissage, on peut assurer des suivis efficaces.

Une session d’une heure sera donc élaborée à partir d’une stratégie tenant compte de:

  • L’écosystème de l’apprentissage
  • La personalisation
  • Le découpage et la durée des segments
  • Le rythme et la diversification des répétitions
  • Une activité apprenante

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