L’espace occupé par les outils numériques dans notre quotidien est plus grand que tout ce qu’on aurait pu imaginer au moment où l’internet a commencé à se répandre sur la planète, il y a vingt ans. Trois fois récipiendaires du Prix Pulitzer, l’éditorialiste Thomas Friedman date du 9 août 1995 le jour où la Toile est devenue accessible à tous avec l’inscription en bourse de Netscape, le premier navigateur d’utilisation facile. À la même époque, la globalisation des marchés se renforçait et des entreprises dites nationales se transformaient en fournisseurs internationaux de marchandises ou de compétences. Une multitude de logiciels furent par la suite mis au point pour faciliter et accélérer la production. Le numérique améliora la qualité de la communication. La portabilité des moyens assura un réseautage mobile et en continu.   Sur la planète numérisée, chaque personne doit maintenant s’adapter rapidement à de nouvelles façons de réfléchir et de produire. La poussée du numérique sur le changement organisationnel en particulier accroît la pression sur l’individu. Pour évoluer et trouver sa place, chacun doit intégrer le réflexe de l’apprentissage constant.

Le souci actuel de nos gouvernements d’avoir une main-d’oeuvre compétente,   imaginative, et concurrentielle, vient en contradiction avec les réductions des budgets de formation si aucun virage majeur et créatif n’est amorcé pour rentabiliser chaque dollar investi dans le perfectionnement et assurer le développement efficace des compétences au sein des équipes.

La réponse à ce défi existe. Depuis vingt ans, j’ai partagé des savoirs dans des circonstances très diverses aux apprenants de soixante-dix pays. S’il est une donnée universelle dont il faut davantage tenir compte, c’est la capacité d’attention. Pour retenir les contenus transmis, il faut donner au cerveau le temps de les assimiler. En une heure, un apprenant engagé dans son plan de développement personnalisé, intégré à celui de son entreprise, s’appropriera la matière apprise et il pourra la mettre en application sur le champ. Sa nouvelle compétence devient un acquis.

Cette approche se nomme le micro-apprentissage. Elle me permet d’amener la personne à mieux identifier tout son potentiel. De là, son profil s’inscrit, comme celui de tous les autres membres de son équipe, dans le plan global du développement du personnel de l’entreprise. Des applications numériques mobiles vont continuer d’accompagner chacun dans son lieu de travail après les sessions d’apprentissage.

Le temps est venu de passer à l’action ici au Québec et au Canada. Les entreprises déjà engagées dans cette voie du développement humain, savent que chaque unité de travail et chaque personne qui les compose sont la clé de la réussite. Le gouvernement peut positionner le Québec et le pays parmi les nations les plus créatives et les plus performantes si on reconnaît l’importance d’impliquer et de multiplier les possibilités d’apprentissage au personnel qui représente la principale valeur de chaque organisation.